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POTSFINK

Artisan potier
La passion et l’art du savoir-faire

Portrait Présentation

SwissLine

Collections SwissLine

Stéphane Halmaï-Voisard

Galerie écal < 2010

Gagne le prix jumelles 2016

"le transfert du savoir-faire"

Le Prix Jumelles 2016 "Le transfert du savoir-faire" a été attribué à "Potsfink" :
Peter Fink se considère comme un céramiste multi-disciplines et aussi toujours comme un
ambassadeur de son métier d’artisan.
Avec beaucoup d’empathie il forme des apprentis et stagiaires céramistes en tant que maître d’apprentissage, il collabore également avec des designers professionnels et des artistes indépendants. Il met son énergie et son talent d’organisateur aussi au service de projets d’envergure et prouve ainsi qu’à long terme le partage se révèle toujours positif.
L’exposition des finalistes a lieu jusqu’au au 31 octobre au Gutshof Novazzano du Musée Ballenberg.
La video de la candidature

Freiburger Nachrichten
Jungfrau Zeitung

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Article dans LA LIBERTE du 21.9.2016

Le potier qui a remplacé le fromager

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© Alain Wicht, La Liberté

Le céramiste Peter Fink vit et travaille à Ependes depuis plus de vingt ans. Il a formé plusieurs apprentis. Installé dans l’ancienne laiterie d’Ependes, Peter Fink est primé pour la transmission de son savoir-faire

Tout est parti d’une petite annonce. La laiterie-fromagerie d’Ependes était à vendre. Depuis 1995, Peter Fink a aménagé son atelier de poterie dans ce bâtiment construit en 1893. « Les lieux sont très bien adaptés. Le fromager et le céramiste sont des artisans : ils travaillent un peu de la même manière », glisse le potier de 54 ans.

D’origine zurichoise, Peter Fink vient d’être récompensé pour le transfert de son savoir-faire (lire ci-dessous). En trente ans de carrière, il a formé plusieurs apprentis. L’artisan accueille aussi des stagiaires dans son atelier et mène régulièrement des projets avec des étudiants, des artistes et des designers. « La céramique vit par des artistes exceptionnels, qui poussent la technique très loin. De mon côté, c’est par les collaborations que je sors du lot. Elles permettent également de pérenniser le métier », estime le potier, dont certaines pièces sont régulièrement exposées dans des capitales européennes du design.

Dix tonnes de terre par an
Dans l’ancienne laiterie, Peter Fink transforme chaque année dix tonnes de terre, qui donnent naissance à des milliers d’objets. L’atelier a pris place dans l’ancien local de coulage, au rez-de-chaussée. Au sous-sol, les caves d’affinage désaffectées abritent le stock, un laboratoire pour la mise au point des couleurs et un coin dédié à l’emballage. Au premier étage, l’artisan habite l’appartement de fonction. « Je me déplace beaucoup à Genève et Zurich. L’endroit est idéal pour rayonner et offre une bonne qualité de vie », relève Peter Fink qui, comme le fromager, s’affaire à la production dans une tunique blanche.

L’artisan définit la Poterie d’Ependes comme une « micro-entreprise ». Il partage son temps entre la fabrication de collections personnelles, la réalisation de commandes et l’enseignement. Sa production est écoulée dans plusieurs magasins, ainsi que sur des marchés. Peter Fink sera par exemple présent ce samedi au Marché bio de Fribourg, à la place Python. « Pour s’en sortir, il faut trouver un équilibre entre la création, la technique, ainsi que les attentes et les exigences du marché. Une des premières questions qu’on me pose est de savoir si un objet est résistant au lave-vaisselle. Un artisanat ne perdure que s’il s’adapte à son temps. »

Modèle médiéval
Ce message, Peter Fink l’inculque à ses apprentis. « Je défends le modèle médiéval du maître qui transmet son savoir-faire. J’essaie de faire participer mes apprentis à toutes les activités de l’entreprise. La poterie, ce n’est pas seulement un travail manuel. Il s’agit aussi d’acquérir des connaissances dans la vente et dans l’organisation du travail. Il est peut-être frustrant de se rabattre sur des pièces exécutées rapidement et à des coûts maîtrisés. Mais le défi de l’innovation reste très stimulant. »

Peter Fink, qui produit en série assiettes, tasses, saladiers, plats, vases ou cruches à vin, se dit « à l’aise avec la fabrication d’objets utilitaires, de tous les jours ». Le céramiste a beau vivre du travail de la terre, il évoque une situation fragile. « Dans notre métier, nous n’avons pas de tarif horaire ni de convention collective. Il faut composer avec une certaine insécurité. Je ne dégage pas un revenu suffisant pour engager un employé. De nombreuses entreprises familiales situées entre Berne et Thoune ont fermé parce qu’elles n’ont pas su d’adapter au marché. Or, c’est la clé. »

S’il lui est impossible de se battre contre la production industrielle, le céramiste relève un courant favorable à son artisanat. « Consommer local revient en force. Les clients veulent savoir qui se trouve derrière un objet. Contrairement à l’industrie, nous pouvons raconter une histoire avec nos produits. »

Une forme de méditation
Formé comme céramiste à l’Ecole des arts appliqués de Vevey, Peter Fink a eu le déclic pour la poterie, adolescent, lors d’un stage en Allemagne. « J’ai trouvé fascinant de travailler avec le feu et la terre et de perpétuer une tradition de plusieurs siècles. J’aime transformer une matière première que la nature nous met à disposition. J’aurais aussi pu être ébéniste, cordonnier ou sellier. »

Dans son atelier d’Ependes, le potier compare le tournage de sa production à une forme de méditation. « C’est un moment où il faut se recentrer sur soi-même. Le corps et l’esprit sont concentrés sur la terre. Personnellement, ça me permet de canaliser mon tempérament très énergique. »

Une récompense d’un montant de 10 000 francs
Peter Fink a remporté le prix 2016 de la Fondation Jumelles, dans la catégorie « Le transfert du savoir-faire ». Le céramiste d’Ependes s’est distingué parmi les dix candidats qui avaient déposé leur dossier. La récompense se monte à 10 000 francs. La Fondation Jumelles, créée en 2006 par les sœurs Barbara et Elisabeth Schürer, a pour but de soutenir sur le plan national les techniques artisanales traditionnelles. La structure appuie financièrement le Centre de cours Ballenberg, installé dans le Musée suisse en plein air, situé au-dessus de Brienz (BE).

Le prix remporté par Peter Fink récompense la transmission d’un savoir-faire spécifique et l’engagement pour la relève. « C’est une belle récompense, une des plus importantes distinctions des arts appliqués de Suisse », se réjouit l’habitant d’Ependes.

Une autre catégorie, baptisée « L’intelligence de la main » et également dotée de 10 000 francs, récompense un artisan pour son travail personnel. L’orfèvre Marion Geissbühler, de Konolfingen (BE) l’a remportée cette année. THIBAUD GUISAN

BIO EXPRESS
Naissance
En 1962 à Zurich. Dès l’âge de 10 ans, passe son enfance entre Fribourg et Tavel.
Formation
CFC de céramiste à l’Ecole des arts appliqués de Vevey, formation artistique à l’Ecole d’arts visuels de Berne
Carrière
Ouvre son atelier en 1985 à Lausanne, puis s’installe à Montet (Vully) en 1991, avant d’emménager à Ependes en 1995. Partage ses connaissances lors de plusieurs conférences en Espagne, et séjourne au Népal et en Equateur comme expert céramique pour Swisscontact et la Haute école du design de Zurich. Cofondateur et président du Panorama céramique de Morat, exposition internationale organisée depuis 2012

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